Déplacements différentiels horizontaux sismiques entre fondations isolées – Partie 2 : Méthode simplifiée pour les portiques simples
Lorsqu’un bâtiment doit être conçu selon l’Eurocode 8 dans le cadre de la réglementation parasismique, il est nécessaire de prendre en compte l’effet des déplacements différentiels entre fondations isolées. Pour les bâtiments métalliques, l’utilisation de longrines n’est généralement pas nécessaire pour répondre à cette exigence, le moyen le plus efficace étant d’intégrer l’effet des déplacements différentiels dans le calcul de la structure. La commission de normalisation pour les règles de construction parasismiques (CN/PS) a publié une note en septembre 2025 pour clarifier le traitement par le calcul, dans le cadre de l’Eurocode 8 de première génération. La première partie a présenté la méthode de calcul. Cette deuxième partie propose une méthode simplifiée pour définir un cas de charge permettant d’obtenir le déplacement différentiel imposé dans le cas d’un portique simple. Elle sera suivie d’une troisième partie avec un exemple d’application.
Application au cas d’un portique simple
Application d’une charge horizontale équivalente
En considérant un portique simple, articulé en pieds de poteaux, le déplacement d du pied de poteau sur lequel on applique un effort horizontal F peut être calculé à l’aide de la formule suivante (Figure 1) :

où :
k est le coefficient de rigidité relative du portique, obtenu par :

h est la hauteur du portique ;
L est sa portée ;
Ib et Ic sont les moments d’inertie de flexion dans le plan respectivement de la traverse et des poteaux ;
E est le module d’Young.
Pour obtenir un déplacement différentiel cible dij,max entre les deux pieds de poteaux d’un portique, il est donc nécessaire d’appliquer un effort Fdij horizontal opposé sur chaque pied de poteau, dont la valeur est définie par :


Le moment résultant en tête de poteau et sur toute la longueur de la traverse vaut :

L’effort F correspond à la réaction dans les pieds de poteaux générés par le déplacement différentiel des appuis
Pierre-Olivier Martin, chef du service DAL, CTICM